Le psychologue, le sage, le guide, doit connaître la personne dès le premier rendez-vous. Parce que dans son allure, dans son comportement, dans les mots que l’on choisit, se lit un certain niveau d’exigence. Et ce qui importe, c’est de ne pas retourner à la case départ, mais de continuer, non pas forcément à faire des efforts, mais à percevoir, à détecter ces petites choses qui échappent aux autres. C’est là que se mesure le niveau de l’expérience : être capable de reconnaître les arbres que l’on nous apprend, mais aussi d’écouter les poissons, de ressentir la force des deux mondes, de percevoir l’équilibre.

Et pourtant, certains ne savent pas écouter. Ils parlent, justifient, se contentent d’une surface. Ils passent à la télévision, sont invités dans les médias, et tu sais pourquoi ? Parce qu’ils savent parler à toute la population.

nous sommes tous différents mais…

Mais il y a des personnes qui font partie de l’exception. Et l’exception, ils ne savent pas l’accompagner. Pour eux, tout le monde est semblable. « Quelles sont les chances qu’en trente ans, quatre personnes seulement viennent me demander un remboursement ? » se disent-ils. C’est la rareté, c’est l’exception, et l’exception échappe à leur cadre.

J’ai vu cela avec Fabrice Michot, qui étudie les atypiques. Il préfère parler d’« exceptionnalité » plutôt que de « neurotypique ». Et il disait : nous n’avons pas besoin d’accompagnement, nous avons besoin de nous former. Le guide n’est pas là pour dicter une solution, pour te dire « coupe ta frange » ou « fais ceci », mais pour offrir des repères, des informations, que chacun pourra interpréter et appliquer selon sa propre singularité. Malheureusement, la majorité des gens attend que la solution leur soit donnée, sinon ils n’ont pas compris. C’est le monde dans lequel nous vivons.

le coaching ethique est de la … philosophie

Moi, cela me rend malade. Voir tous ces accompagnements superficiels, vendre des promesses vides… et je me sens incapable, parce que j’ai l’impression de m’incruster dans la vie des autres alors que ce n’est pas nécessaire. Et je lis la philosophie, justement pour comprendre. Toute cette histoire de coaching me ramène à la philosophie antique. Si l’on se rappelle la caverne de Platon : l’homme sort de sa caverne en suivant l’ombre d’un feu, et lorsqu’il atteint la lumière, il découvre la paix, la justice, l’amour, la vie elle-même.

Mais beaucoup n’ont rien compris. Leur vie se confond avec le système, avec l’école, le travail, les apparences. Tout le monde fonctionne de la même manière, et peu ont une autre vision. Alors certains écrivent, moi je prends la plume. Je transforme mes pensées en poésies, en lettres, parfois pour les enfants. Sénèque, dans ses Lettres à Lucilius, disait des choses que j’ai notées, que j’ai surlignées. Il recommande de s’éloigner de la foule : c’est dans le choix attentif de quelques compagnons qu’on devrait partager, discuter, s’élever mutuellement

II est primordial se se libérer du matériel, des habitudes, des convictions anciennes, pour se redonner un élan et repartir vers une vie nouvelle.

Et je me dis : si seulement les experts du coaching prenait en compte cette dimension.

Car nous avons tous des objectifs différents, certes, mais la direction véritable reste la même : atteindre la paix, la justice, l’harmonie, l’amour, l’acceptation de soi et des autres. Et tôt ou tard, cela reviendra comme un boomerang !