Blog de mbakids

Impressions sur le films « Gourou »

ou critique non-officielle

Ce que montre le film est assez juste : il critique la positivité toxique portée par certains coachs qui répètent que tout est possible si l’on veut assez fort. On entend beaucoup ce discours aujourd’hui, notamment sur les réseaux. Personnellement, j’ai développé un mécanisme de défense qui me permet de repérer rapidement les incohérences et les discours opportunistes.

Le problème ne vient pas uniquement des diplômes ou de leur absence. On peut être compétent sans diplôme reconnu, tout comme on peut être diplômé et agir de manière irresponsable. L’important reste l’éthique, l’expérience et la capacité à rester lucide.

Ce qui ressort aussi, c’est la place de l’ego. Lorsqu’il prend trop d’ampleur, il peut conduire à une posture de sauveur et à une perte d’humanité, comme on le voit chez certains leaders, coachs ou même en politique. La manipulation repose souvent sur ce besoin de reconnaissance et de pouvoir.

Par ailleurs, personne ne peut réellement se gérer seul. Nous avons tous besoin d’un regard extérieur pour garder du recul, poser des limites et éviter certaines décisions impulsives, notamment financières ou émotionnelles.

La clé reste l’esprit critique. Aujourd’hui, beaucoup de sphères – médias, marketing, réseaux sociaux – utilisent des mécanismes d’influence. Développer son esprit critique permet de repérer ces mécanismes et de rester libre dans ses choix.

Je pense aussi que la créativité et l’expression artistique jouent un rôle essentiel : elles favorisent la réflexion personnelle et rendent plus difficile la manipulation. Cultiver cette dimension pourrait contribuer à une société plus lucide et plus humaine.

La bassine à eau froide de grand-mère Elena

Ma grand-mère a traversé les guerres, l’entre-deux-guerres, les manques, les bouleversements d’une époque dure. Elle n’a fréquenté l’école que quelques années, mais elle possédait une sagesse qui dépassait tout ce que j’ai pu apprendre plus tard dans les livres. Pour moi, elle n’était pas seulement un membre de ma famille. Elle était mon mentor.

Elle avait une manière très simple d’enseigner la réflexion et la responsabilité. Quand j’étais bouleversée ou que j’avais pris une décision trop vite, elle me disait toujours :

« Va dans la salle de bain, prends la bassine bleue, remplis-la d’eau froide. Ramène-la près du canapé, trempe tes pieds dedans et supporte le froid. Puis réfléchis. Réfléchis à ce que tu as dit, à ce que tu as fait, et à la décision que tu veux prendre. »

Elle me disait que la vraie réflexion ne venait pas immédiatement. Mais qu’elle arrivait après quelques minutes, quand le corps acceptait l’inconfort, quand l’esprit ralentissait. Et elle ajoutait que lorsque je ne sentirais plus mes pieds, c’est à ce moment-là que je pourrais choisir ma décision. Une décision assumée, réfléchie, qui m’appartiendrait vraiment. Et si la solution ne fonctionnait pas, il fallait recommencer l’exercice.

Ma grand-mère vivait tournée vers la vertu. Pour elle, chaque intention devait être réfléchie avant d’être mise en action. Et chaque action devait devenir un apprentissage. Elle croyait profondément que nos erreurs ne sont pas des échecs, mais des occasions d’ajuster notre manière d’être, pour prendre de meilleures décisions la fois suivante.

Elle insistait aussi sur une chose essentielle : réfléchir toujours à l’impact de nos actes sur les autres. Si une action pouvait blesser ou nuire, il fallait avoir le courage de la corriger pour tenter, au contraire, d’apporter quelque chose de positif.

Elle n’a jamais fréquenté les milieux intellectuels, politiques ou privilégiés. Pourtant, elle portait en elle une forme de lucidité rare, née simplement de son humanité et de son désir sincère de faire du bien autour d’elle.

Et aujourd’hui encore, quand je doute ou que je dois prendre une décision importante, je repense à cette bassine d’eau froide. Parce qu’elle m’a appris que la sagesse ne vient pas seulement du savoir, mais de la capacité à s’arrêter, ressentir, réfléchir… et rester profondément humain.

Effacer la place de l’individu

dans la famille

J’aime beaucoup cette idée, reprise par certains philosophes, que toute discussion entre deux personnes devrait être féconde. C’est-à-dire qu’à la fin d’un échange, on devrait repartir avec quelque chose : une idée nouvelle, un regard différent sur son passé ou son présent, parfois même un apaisement.

Avant que la psychologie moderne n’apparaisse avec Freud et ses successeurs, ce rôle était souvent tenu par les sages du quotidien : les grands-parents, les anciens, les figures d’expérience dans la famille ou le village. Ils transmettaient des repères, du recul, une forme de sagesse ancrée dans la vie réelle.

Aujourd’hui, j’ai l’impression que nous avons peu à peu éloigné ces figures. En France notamment, on isole souvent les personnes âgées dans des maisons de retraite, comme si elles n’avaient plus de place dans la transmission familiale et sociale. Pourtant, elles ont un rôle essentiel. Elles portent la mémoire, l’expérience et souvent un regard plus apaisé sur la vie. Personnellement, je crois profondément à cette transmission intergénérationnelle. Je préférerais vivre simplement, entourée de liens humains sincères, plutôt que de finir isolée dans un système qui coupe les relations.

dans la ville

Je pense aussi que nos sociétés urbaines fragilisent beaucoup les individus. Le rythme, l’isolement, la rupture du dialogue naturel entre générations peuvent accentuer certaines fragilités. Dans des environnements plus proches de la nature ou du collectif, les échanges et la régulation sociale semblent parfois plus spontanés.

Cela me ramène à une autre conviction : nous sommes tous, d’une certaine manière, des artistes. Pas forcément au sens élitiste qu’on attribue parfois à l’art, notamment en France, où l’on associe souvent l’art à la perfection technique ou à l’excellence académique. Pour moi, l’art est d’abord une forme d’expression libre. C’est comprendre les règles pour mieux les questionner à travers son art, les transformer en un message personnel.

dans la société

L’art, comme l’esprit critique, permettent d’observer la société, parfois de la questionner ou de dénoncer certaines évolutions. Par exemple, j’ai parfois le sentiment que notre société met progressivement à l’écart ceux qui dérangent ou questionnent : les enfants, qui interrogent naturellement les règles, et les seniors, qui portent l’expérience et la mémoire. Or ces deux générations sont essentielles pour maintenir un équilibre social et humain.

Nous semblons parfois vouloir tout encadrer, tout réglementer, jusqu’à l’intimité elle-même, comme si l’être humain ne pouvait plus apprendre à se réguler ou à se responsabiliser seul. Pourtant, je crois beaucoup à la capacité d’autodétermination : apprendre dès l’enfance à réfléchir par soi-même, à comprendre ses actes, à développer sa propre discipline intérieure. A prendre ses propres décisions. A reprendre son propre pouvoir. Et cela est aussi des devoirs des parents.

dans l’esprit

Je me rappelle souvent de l’enseignement très simple mais puissant de ma grand-mère. Elle me répétait qu’avant d’agir, il fallait s’arrêter, réfléchir, se demander si ce que l’on fait est juste pour soi et pour les autres. Cette capacité à se questionner, à se responsabiliser, me semble aujourd’hui plus nécessaire que jamais.

Peut-être que le véritable progrès ne consiste pas à multiplier les règles, mais à réapprendre à penser par nous-mêmes, avec conscience, responsabilité et humanité ?

Impressions sur le films « Gourou »

...ou critique non-officielle Ce que montre le film est assez juste : il critique la positivité toxique portée par certains coachs qui répètent que tout est possible si l’on veut assez fort. On entend beaucoup ce discours aujourd’hui, notamment sur les réseaux....

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