Nos enfants doivent être très intelligents et résilient pour décider par eux-mêmes
J’avais lu dans une revue scientifique, que certaines erreurs ou décisions prises autour de l’âge de 4 ans peuvent influencer toute notre vie. Le cerveau, la conscience, l’esprit, l’âme… ils s’organisent un peu autour de ces choix précoces. C’est surtout le cerveau, bien sûr, mais il y a aussi cette dimension plus intuitive, presque viscérale, que certains appellent l’intelligence des entrailles.
On décide très tôt, en fait, de comment on va vivre : combien d’enfants on aura, si on se marie, où l’on va vivre, et même, d’une certaine manière, comment on va mourir. Personnellement, vers l’âge de 4 ans, j’avais déjà une idée de la vie que je voulais. Puis, vers 11 ans, j’ai compris que l’endroit où j’étais ne correspondait pas à cette vision, c’est pour cela que j’ai quitté la Roumanie pour venir en France.
changer sa trajectoire, c’est possible
Aujourd’hui, avec les réseaux sociaux et la pression de la société, il est de plus en plus difficile pour les jeunes de se poser, de réfléchir, de tracer leur propre trajectoire de vie. Ils peuvent se tromper, se perdre, mais au moins, ils ont besoin des connaissances et du cadre pour apprendre à se situer.
Je pense aussi à la poésie et à la littérature, qui ont toujours servi à guider, à réfléchir et à donner du sens. Avant, ces disciplines aidaient à se construire, à prendre des décisions et à suivre une trajectoire personnelle. Aujourd’hui, l’école est devenue fabrique des « profils fonctionnels ».
À cela s’ajoute le harcèlement, et le fait que les établissements ne prennent pas toujours en charge les besoins individuels des enfants. On se dirige donc vers la réflexion et la construction personnelles beaucoup plus difficiles.
Il est essentiel de redonner du sens, que ce soit par l’art, la philosophie, ou simplement en offrant des espaces où les enfants peuvent s’exprimer, explorer leurs goûts et leurs talents, découvrir les métiers, et se connecter à leur créativité. C’est aussi le rôle des parents, psychologues scolaires et de l’éducation nationale, mais trop souvent, les enfants sont orientés vers des activités rigides, comme le bricolage, sans véritable accompagnement de leur individualité.
les cellulles de leurs enfants
Je me pose aussi la question de l’impact sur les mères. Les cellules des enfants restent dans le corps de la mère pendant des années, et il y a cette mission de vie qui se termine lorsque les enfants grandissent. Après, certaines mères se sentent comme si elles n’avaient plus de but. Travailler avec des enfants, pour moi, c’est aussi participer à cette transmission, à cette quête de sens, tout en réfléchissant à ma propre trajectoire et à ma propre individuation.
Enfin, je pense que pour survivre et se construire dans la société d’aujourd’hui, nos enfants doivent être très intelligents, très résilients. Ils doivent apprendre à se défendre face aux luttes de pouvoir, aux rigidités institutionnelles, et à préserver leur autonomie dans un monde qui, trop souvent, ne leur laisse pas d’espace pour réfléchir, ressentir et décider par eux-mêmes.
L’attention deviendra monnaie d’échange, investissez-là bien !
